A quelques jours de la prochaine GayPride (samedi 29 juin), l'Ifop publie les résultats d'une enquête de la

Fondation Jasmin Roy et de la DILCRAH auprès de l'ensemble des Français sur leur perception de l'homosexualité, de l'homoparentalité et leur degré d'adhésion aux différents préjugés LGBTPHOBES. La levée de l'embargo de diffusion est fixée à demain : mercredi 26 juin à 6h00 du matin

Bien cordialement

A quelques jours de la prochaine GayPride (29 juin), l'Ifop publie une enquête sur le regard des Français sur l'homosexualité,  l'homoparentalité et leur degré d'adhésion aux différents préjugés et opinions LGBTPHOBES. Réalisée auprès d'un échantillon national représentatif de 3 000 personnes, cette étude met en lumière une acceptation croissante de l'homosexualité et de l'homoparentalité dans la société mais aussi la persistance de certains clichés hétérosexistes, en particulier dans les catégories de la population les plus influencées par la religion.

LES PRINCIPAUX ENSEIGNEMENTS DE L'ENQUETE

1- Une plus grande acceptation sociale de l'homosexualité

Amorcée à partir des années 1970, cette profonde transformation des attitudes des Français à l'égard des homosexuels s'illustre à travers la proportion croissante de Français estimant que l'homosexualité est « une manière acceptable/comme une autre de vivre sa sexualité » : de 24% en 1975, celle-ci est passée à 54% en 1986 puis à 67% en 1996 pour finir à 85% en 2019.

À l'inverse, la proportion de Français voyant dans l'homosexualité « une maladie que l'on doit guérir » ou « une perversion sexuelle que l'on doit combattre » est désormais très limitée - 15% en 2019, contre 31% en 1996 et 64% en 1975 - en dehors des catégories de la population caractérisées par un faible niveau socioculturel (22% chez les personnes sans diplôme), un niveau social inférieur à la moyenne (23% chez les personnes ayant un revenu inférieur à 800 , 21% chez les habitants des banlieues populaires) ou par un plus fort respect des préceptes religieux comme peuvent l'être par exemple les musulmans (63%) ou les catholiques pratiquants (20%).

image019.jpg@01D52B6E.540FDBA0" height="391" src="https://mail02.orange.fr/appsuite/api/image/mail/picture?folder=default0%2FINBOX&id=253234&uid=1836an%24IN84801561476078821%40VWP21DB01" id="1836an$IN84801561476078821@VWP21DB01" width="616" style="box-sizing: content-box; vertical-align: middle; line-height: 1.4em; max-width: 10000px; width: 616px; height: 391px;">

Sur le long terme, ce phénomène de normalisation de l'homosexualité apparaît également dans la proportion croissante de Français acceptant l'idée d'avoir un enfant homosexuel : 72% l'accepteraient bien en mai 2019, contre 61% en juin 2003 et 41% en 1996, c'est-à-dire un peu avant le débat autour de la loi instaurant le PACS en France. 20 ans après cette première reconnaissance de la conjugalité homosexuelle (1999), seules les personnes fortement imprégnées par une morale sexuelle d'inspiration religieuse rejetteraient majoritairement leur enfant si l'on en juge par le nombre de répondants qui n'accepteraient pas cette situation dans les rangs des personnes fréquentant les lieux de culte au moins une fois par semaine (57%).

image020.jpg@01D52B6E.540FDBA0" height="461" src="https://mail02.orange.fr/appsuite/api/image/mail/picture?folder=default0%2FINBOX&id=253234&uid=1836an%24IN84801561476078822%40VWP21DB01" id="1836an$IN84801561476078822@VWP21DB01" width="836" style="box-sizing: content-box; vertical-align: middle; line-height: 1.4em; max-width: 10000px; width: 836px; height: 461px;">

Inhérente aux sociétés industrielles avancées affectées par la progression des valeurs « post-matérialistes » à la faveur du renouvellement générationnel, de l'amélioration du niveau de vie et de la hausse du degré d'instruction, cette plus forte acceptation sociale de l'homosexualité n'a d'ailleurs rien de spécifique à l'Hexagone : on la retrouve dans toute l'Europe de l'Ouest au regard des résultats des différents vagues de l'Eurobaromètre ou de l'European Values Survey.

2- Une tolérance plus forte à l'égard de la visibilité de l'homosexualité dans l'espace public

L'homophobie constituant avant tout pour les LGBT une forme d'injonction sociale à l'invisibilité, il est aussi intéressant de relever une diminution significative de l'intolérance à l'égard des manifestations de l'homosexualité dans l'espace public au cours des 20 dernières années.

Ainsi, la proportion de Français trouvant «  choquant » qu'un couple gay s'embrasse (33%) ou « se tiennent la main » (17%) dans un lieu public a diminué de moitié depuis juin 1996 (Ifop/Le Monde) : seuls les personnes âgées de plus de 65 ans (52%) ou de confession musulmane (71%) sont aujourd'hui majoritairement choquées à l'idée qu'un couple gay s'embrassent dans la rue.

Et on observe la même tendance pour d'autres formes de visibilité des LGBT que peuvent être des manifestations à dimension festive/politique comme la Gay Pride - seuls 26% des Français en sont désormais choqués, contre 46% en 1996 - ou encore l'existence de lieux de sociabilité (ex : bars...) fréquentés par les minorités sexuelles (14% en 2019, contre 24% en 1996).

image021.jpg@01D52B6E.540FDBA0" height="378" src="https://mail02.orange.fr/appsuite/api/image/mail/picture?folder=default0%2FINBOX&id=253234&uid=1836an%24IN84801561476078823%40VWP21DB01" id="1836an$IN84801561476078823@VWP21DB01" width="616" style="box-sizing: content-box; vertical-align: middle; line-height: 1.4em; max-width: 10000px; width: 616px; height: 378px;">

3- Une acceptation croissante du principe d'homoparentalité

Dans le contexte actuel de débat autour de la PMA, on note que ces deux dernières décennies ont été aussi le théâtre d'une reconnaissance accrue des modèles parentaux sortant de la norme hétérosexuelle.

Ainsi, aujourd'hui plus de huit Français sur dix (83%) estiment qu'un couple homosexuel est capable d'assurer son rôle de parent aussi bien qu'un couple hétérosexuel, soit une proportion aussi significative (plus 16 points) depuis 2005.

image022.jpg@01D52B6E.540FDBA0" height="435" src="https://mail02.orange.fr/appsuite/api/image/mail/picture?folder=default0%2FINBOX&id=253234&uid=1836an%24IN84801561476078824%40VWP21DB01" id="1836an$IN84801561476078824@VWP21DB01" width="656" style="box-sizing: content-box; vertical-align: middle; line-height: 1.4em; max-width: 10000px; width: 656px; height: 435px;">

Sur ce point, il est intéressant de noter qu'il y a assez peu de différence dans l'acceptation d'une famille de lesbiennes et d'une famille de gays, signe que paternité et homosexualité sont jugées de moins en moins incompatibles... En effet, la proportion de Français estimant qu'un enfant peut s'épanouir de la même manière dans une famille avec deux mères (72%) que dans une famille avec un père une mère est à peu près similaire à la part de la population ayant la même opinion dans le cas où l'enfant sera élevé par deux peres (68%).

Et au regard de la nette évolution de l'opinion sur ce sujet (+ 16 points depuis 2013) par rapport au moment du débat autour de la loi Taubira, il semble bien que l'officialisation des couples homosexuels par la loi de 2013 a fait évoluer les représentations à l'égard des couples homosexuels : la plus grande représentation des familles homoparentales dans les médias ayant sans doute contribué à « normaliser » l'image du couple homosexuel.

image023.jpg@01D52B6E.540FDBA0" height="393" src="https://mail02.orange.fr/appsuite/api/image/mail/picture?folder=default0%2FINBOX&id=253234&uid=1836an%24IN84801561476078825%40VWP21DB01" id="1836an$IN84801561476078825@VWP21DB01" width="605" style="box-sizing: content-box; vertical-align: middle; line-height: 1.4em; max-width: 10000px; width: 605px; height: 393px;">

Si l'opinion publique s'est rapidement décrispée sur le sujet par rapport à ce que l'on pouvait observer durant ce moment d'intenses débats que fut l'année 2013, il reste encore des poches de l'opinion très rétives à l'homoparentalité si l'on en juge par la proportion de Français qui estiment que « les homosexuels ne devrait pas pouvoir élever des enfants (29% en moyenne) » dans les rangs des électeurs fillonistes de 2017 (45%) ou les personnes fréquentant régulièrement les lieux de culte (70%) tels que les catholiques pratiquants (41%) ou les musulmans (58%).

4- La persistance de clichés homophobes et transophobes

Malgré cette nette amélioration du regard des Français sur les LGBT, on observe toujours une adhésion non négligeable à certains clichés LGBTphobes.

Ainsi, un Français sur cinq (20%) estime encore aujourd'hui que « certaines professions où l'on est en contact permanent avec des enfants devraient être interdites aux homosexuels », signe de la persistance d'une certaine confusion entre homosexualité et pédophilie.

De même, l'idée selon laquelle « les couples homosexuels ne durent jamais très longtemps » est encore partagée par un français sur six (17%), ce qui vient sans doute de la tendance à réduire les gays à leur sexualité d'autant plus aisément que le climat d'opprobre entourant l'homosexualité les a longtemps incités à séparer strictement leur sexualité du reste de leur vie sociale.

Enfin, un Français sur dix estiment que « les violences contre les homosexuels sont parfois compréhensibles » (10%, +3 points par rapport à février 2004), en particulier dans les rangs des catégories populaires (15% parmi les ouvriers, 16% pour changer les personnes ayant des revenus inférieur à 800 par mois), des personnes non diplômées (19%) ou de confession musulmane (32%).

image024.jpg@01D52B6E.540FDBA0" height="394" src="https://mail02.orange.fr/appsuite/api/image/mail/picture?folder=default0%2FINBOX&id=253234&uid=1836an%24IN84801561476078826%40VWP21DB01" id="1836an$IN84801561476078826@VWP21DB01" width="655" style="box-sizing: content-box; vertical-align: middle; line-height: 1.4em; max-width: 10000px; width: 655px; height: 394px;">

Au total, l'indicateur synthétique d'adhésion à au moins une opinion ou préjugé homophobes révèle ainsi que c'est plus de sept Français sur 10 (71%) qui partagent au moins une idée LGBTphobe.

Et dans le détail des résultats, il apparaît là aussi que le degré d'homophobie croît avec l'âge et la fréquence de la pratique religieuse tout en diminuant plus le niveau social et le niveau d'éducation augmentent. Enfin, politiquement, il est intéressant de noter que plus il se situent à droite de l'échiquier politique, plus les Français ont tendance à adhérer à au moins une idée homophobe (85% chez les électeurs Fillon 2017, contre 60% chez les électeurs Mélenchon).

image025.jpg@01D52B6E.540FDBA0" height="480" src="https://mail02.orange.fr/appsuite/api/image/mail/picture?folder=default0%2FINBOX&id=253234&uid=1836an%24IN84801561476078827%40VWP21DB01" id="1836an$IN84801561476078827@VWP21DB01" width="649" style="box-sizing: content-box; vertical-align: middle; line-height: 1.4em; max-width: 10000px; width: 649px; height: 480px;">

5- Des Français qui réagissent plus face à des propos homophobes

Près de quatre Français sur dix (37%) déclarent utiliser le mot « pédé » ou « enculé » dans des mouvements d'énervement à l'égard de n'importe qui.Un chiffre stable depuis 15 ans qui révèle l'étendue de l'utilisation de ces expressions, s'inscrivant de surcroit plus fortement parmi les jeunesses (47% parmi les moins de 35 ans déclarent utiliser ces expressions). L'utilisation d'expressions péjoratives à l'égard de personnes ayant des comportements considérés comme homosexuels se rattache de manière générale à la jeunesse mais s'expriment plus particulièrement dans les lieux de socialisation de cette dernière : le cercle d'amis (26% l'utilisent dans ce cadre) et le milieu scolaire (25% l'utilisent dans ce contexte).

Si l'utilisation courante d'insultes à connotation homophobe ou considérées comme telles persiste à un haut niveau au sein de la société, les Français sont désormais largement majoritaires (67% contre 51% en 2004) à ne plus rester passifs face à des propos homophobes : 29% essaieraient de faire changer d'avis la personne en question et cesseraient de la voir si elle persistait (contre 14% il y a 15 ans) et 38% essaieraient de la faire changer d'avis sans pour autant accorder d'importance au fait d'y arriver ou pas.

image026.jpg@01D52B6E.540FDBA0" height="373" src="https://mail02.orange.fr/appsuite/api/image/mail/picture?folder=default0%2FINBOX&id=253234&uid=1836an%24IN84801561476078828%40VWP21DB01" id="1836an$IN84801561476078828@VWP21DB01" width="666" style="box-sizing: content-box; vertical-align: middle; line-height: 1.4em; max-width: 10000px; width: 666px; height: 373px;">

Le malaise à l'égard des personnes LGBT se ressent particulièrement vis-à-vis de situations ou de contextes où la norme non-hétérosexuelle se voit et s'affiche. Ainsi, 34% des personnes interrogées seraient mal à l'aise de voir s'embrasser deux personnes de même sexe en public et même 40% de les voir le faire devant des enfants.

Au sein de l'espace privé, mais en situation de représentation sociale, le malaise persiste pour un quart des Français : 25% d'entre eux seraient mal à l'aise si un de leurs enfants venait à une réunion de famille avec un conjoint de même sexe.

Signe d'une raréfaction de la douche collective, près d'un tiers des personnes interrogées se déclarent mal à l'aise à l'idée de prendre une douche avec des personnes homosexuelles (33%) mais aussi hétérosexuelles (29%). Dans un contexte d'intimité similaire, près de deux Français sur dix (17%) seraient mal à l'aise à l'idée qu'une personne transgenre utilise les mêmes toilettes que leur enfant et même 13% qu'elle utilise les mêmes toilettes qu'eux directement.

image027.jpg@01D52B6E.540FDBA0" height="462" src="https://mail02.orange.fr/appsuite/api/image/mail/picture?folder=default0%2FINBOX&id=253234&uid=1836an%24IN84801561476078829%40VWP21DB01" id="1836an$IN84801561476078829@VWP21DB01" width="720" style="box-sizing: content-box; vertical-align: middle; line-height: 1.4em; max-width: 10000px; width: 720px; height: 462px;">

POUR CITER CETTE ETUDE , IL FAUT UTILISER A MINIMA LA FORMULATION SUIVANTE :

« Étude Ifop pour la Fondation Jasmin Roy Sophie Desmarais et la DILCRAH réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 29 mai au 3 juin 2019 auprès de 3 013 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. »

LE POINT DE VUE DE FRANÇOIS KRAUS (IFOP)

« Si l'homophobie au sens strict a fortement régressé, notamment depuis les premiers modes de reconnaissance juridique de la conjugalité et de la parentalité homosexuelle, force est de constater que des formes d'hétérosexisme restent prégnantes dans certains pans de la population qui adhèrent par exemple aux injonctions faites aux LGBT à rester invisibles ou en dehors de certains droits (ex : parentalité). Des poches hétérosexistes persistent donc dans l'opinion, en particulier chez les personnes ayant un faible niveau socio-culturel, côtoyant peu de LGBT au quotidien ou encore sensibles à une rhétorique religieuse et une morale sexuelle très rigoriste pour ne pas réactionnaire. Symptomatique d'une tendance à la tolérance plus qu'à la banalisation de la place des LGBT dans la société, l'acceptation croissante du principe d'homosexualité ne doit donc pas être confondue avec sa normalisation intégrale.

LE POINT DE VUE DE JASMIN ROY (FONDATION JASMIN ROY SOPHIE DESMARAIS)

« L'homosexualité était encore considérée comme une pathologie psychiatrique jusqu'en 1992 en France. Ce changement de paradigme a contribué à cette évolution de l'acceptation dans la société, a commenté Jasmin Roy, président de la Fondation Jasmin Roy Sophie Desmarais. Aujourd'hui, 85% des répondants en 2019 considèrent que l'homosexualité est une manière comme une autre de vivre sa sexualité alors qu'ils étaient seulement 24% en 1975. Les chiffres sont encourageants même s'il reste du travail. »

LE POINT DE VUE DE FREDERIC POTIER (DILCRAH)

« Les résultats du sondage constituent un réel outil pour identifier des stratégies et des actions concrètes en vue de favoriser l'acceptation des LGBT dans notre société, a déclaré Frédéric Potier, préfet en mission de service public et délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBTde la Dilcrah. 50% des Français déclarent avoir confiance en notre gouvernement pour pallier aux carences actuelles identifiées dans le sondage ».